A la recherche des planètes vivantes.

 

Parmi les motivations qui incitent à la recherche des planètes extrasolaires, il y a généralement la recherche de formes de vie extraterrestres plus ou moins évoluées. Il s'agit là d'une grande question à laquelle on attend impatiemment la réponse.

Voyons voir déjà quelles sont les conditions favorables à l'apparition de la vie. Nos connaissances sur le sujet sont assez limitées, on a vu évoluer des bactéries dans des milieux extrêmes, il y a eu beaucoup de polémiques aussi sur le sujet. (Je n'approfondirai pas sur cette page les conditions d'apparition de la vie, je propose pour cela une sélection de liens vers des sites très bien documentés).

Les conditions les plus favorables sont vraisemblablement la présence d'eau ainsi qu'une température d'environ trente degrés, associé à une luminosité comparable à la nôtre. C'est apparemment dans ces conditions que la vie a statistiquement le plus de chances d'apparaître. Cela ne signifie pas pour autant qu'elle ne peut pas apparaître dans des conditions très extrêmes mais les probabilités sont nettement moindres.

Il semblerait que les probabilités d'apparition de la vie deviennent négligeables en absence d'eau liquide et reste très faible en absence de lumière, particulièrement la vie évoluée.

L'apparition de l'eau sur les planètes se fait naturellement car l'eau est un constituant très courant de l'univers. En revanche en dessous d'une certaine masse, la gravitation a du mal à retenir l'eau qui a tendance à s'évaporer au cours des millions d'années.

Il s'agit donc de prospecter en priorité les planètes dont la masse est supérieure à celle de mercure et dont la température de surface est comprise entre 260K et 400K (la plage de température de l'eau liquide peut varier en fonction de la pression et de la salinité) tournant autour d'une étoile (on envisage la possibilité de "planètes" isolées qui seraient maintenues dans cet ordre de température par échauffement de leur noyau).

Ou observer :

- dans notre propre système solaire il n'y a pas de candidate, à l'exception toutefois d'Europe un satellite de Jupiter qui comporterait de l'eau liquide à une pression très élevée sous une épaisse couche de glace. Les conditions de vie y sont très rudes et seule une forme de vie très primitive pourrait s'y développer. Néanmoins la réponse au développement de la vie ou non sur Europe est d'un grand intérêt scientifique qui permettra de mieux évaluer la limite de l'apparition du vivant. On peut supposer que Mars contenait de l'eau liquide dans le passé, d'où un grand intérêt pour la recherche de formes de vie fossiles, lors de futures missions habitées. Je pense pour ma part que les robots de la future génération seront parfaitement capables de faire ce travail d'ici une dizaine d'années pour un coût nettement moindre.

- Hors de notre système solaire au proche voisinage d'autres étoiles, il y a autour de nous dans un rayon de 15 années lumières environ 50 systèmes solaires potentiels. Ce nombre passe à environ 400 dans un rayon de 30 A.L. et à environ 10.000 dans un rayon de 100 A.L., il y a déjà de quoi observer.

Comment observer :

Pour l'observation des planètes lointaines situées à plusieurs dizaines de milliers d'années lumières l'imageur gravitationnel reste le seul moyen d'observation envisageable (pour l'instant du moins). Pour ce qui est des étoiles proches on peut envisager des projets plus économiques et plus rapides à positionner comme le projet éclipse, si on ne souhaite pas réaliser une imagerie de la planète à observer.

Pour détecter des formes de vies directement, le moyen le plus efficace est de faire une analyse spectrale du rayonnement émis par la planète. Cette analyse permet d'évaluer les diverses proportions des constituants de la surface de la planète (oxygène, azote, co, co2, ozone, méthane) et nous permet d'en déduire des infos (présence de ruminants, d'automobiles mal réglées, etc.) Ce rayonnement se situe au voisinage de dix microns dans l'infrarouge lointain pour une température d'environ 300K

Si on souhaite utiliser le projet éclipse pour capter un rayonnement infrarouge au voisinage de dix microns, il est vivement recommandé de l'éloigner du soleil de façon à réduire le bruit de fond élevé dans l'infrarouge au voisinage de la terre. Le point de Lagrange situé derrière Jupiter semble un bon emplacement pour l'observation du rayonnement en émission de la planète à observer. Il permet également de maintenir le télescope au frais ce qui est indispensable pour ce type d'observation.

On pourrait ainsi établir un catalogue assez complet des planètes qui gravitent autour des 400 étoiles situées dans un rayon d'une trentaine d'A.L. de nous, ayant une température supérieure à 260K et un diamètre supérieur à celui de mercure, en l'espace de quelques années, pour un coût abordable.

Ceci nous permettrait entre autres de faire avancer considérablement l'équation de DRAKE mais ne nous renseignerait pas beaucoup sur le degré d'évolution de la vie, il est préférable pour cela de changer de méthode.

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